Tribune

A l’ère de l’Information, faut-il encore parler de Direction Informatique ?

Guy Chemama

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Technologie de l’information au service de la société et de celui qui la déploie

Dans les années 80, dans une grande majorité des entreprises il y avait d’un côté les directions métiers dont les directions de support telles la finance et la RH représentées dans les COMEX et de l’autre côté la direction informatique. Souvent, les directions informatiques étaient rattachées à la DAF ou au secrétariat général car des budgets alloués étaient parmi les plus importants. De plus la direction informatique était vue comme un centre de coût, quoi de plus normal que d’être sous contrôle de la DAF !

On demandait à l’informatique d’automatiser des tâches pour augmenter la productivité des équipes internes et limiter les risques d’erreur. Elles développaient ou intégraient des outils « Corporate » pour gérer la paye et la comptabilité. Par-dessus tout, elles avaient en charge la conception et le développement ou l’intégration des logiciels dits « métiers ». Cette mission était sensible car nous touchions au business de l’entreprise et à son cœur de métier. Compte tenu des organisations et méthodes employées, les risques projet étaient grands : besoin mal exprimé ou mal compris, technologie mal maîtrisée, … Autant de raisons de faire exploser les budgets. De plus, la moitié des projets étaient abandonnés en cours de route.

La complexité des facteurs à gérer : incompréhension des besoins métiers, problèmes ou limitations techniques mal appréhendés, changement majeur dans les besoins durant le projet. Autant de raisons qui occupaient les directeurs informatiques à justifier les retards de projets, les budgets dépassés et souvent au détriment du relationnel avec les métiers. Ce n’est pas pour rien que 78% des directeurs informatiques avaient moins de 2 ans d’ancienneté. Ces DI étaient jugées lourdes, peu agiles, qui coûtent cher.

La technologie de l’information au service de l’économie et de celui qui l’utilise :

Au début des années 2000, on a vu apparaître de nouvelles technos avec le développement du WEB. L’arrivée de l’iPhone en 2007 et la création de l’App Store et l’émergence de réseaux sociaux entre 2002 et 2010 et de nouvelles applications embarquées dans les mobiles. Pour les entreprises, autant de nouveaux moyens pour aider le business à se développer. La relation aux clients, consommateurs ou usagers se digitalise de plus en plus. On commence à parler de marketing digital, d’expérience client, data, …

On voit fleurir des startups qui vont créer de nouveaux services, de nouveaux modèles grâce à ces nouveaux moyens technologiques. Pour éprouver leurs modèles souvent très novateurs avec des moyens limités, ils vont naturellement utiliser des méthodes de projets pour développer leurs produits en expérimentant. De plus en plus d’entreprises plus classiques vont s’inspirer de ces modes de développement. Le développement d’offres Cloud va être une réponse aux problèmes de délai d’approvisionnement et le DevOps la réponse aux livraisons logicielles plus fréquentes tout en sécurité dans la continuité des processus de projets agiles.

Mon avis est que ces changements majeurs : nouvelles technos, organisations plus agiles vont changer la perception des directions métiers sur l’informatique. « L’informatique du passé » va être au cœur des problématiques business, les métiers vont être parties prenantes dans les projets et ils vont être plus acteurs pendant la conception et le développement produit. Petit à petit, l’informatique va laisser place au Système d’information de l’entreprise.

Aujourd’hui, les directions informatiques qui n’ont pas encore pris conscience qu’il fallait repenser leur organisation, leurs méthodes et sa gouvernance sont dans l’obligation d’évoluer au risque de rater leur transformation et celle de l’entreprise.

Il n’y a pas d’autres métiers qui ont autant évolué en si peu de temps et ces changements ne sont pas une option.

Vous me direz, facile à dire mais pas facile à faire car de nombreux freins existent dans l’organisation, les ressources, les technos. Peine perdue d’essayer de tout faire seul, il faut absolument se faire aider par des partenaires externes en plus des compétences internes. Des acteurs comme Excelsior ont dans leur ADN ces nouveaux modes de pensée et ces savoir-faire. Elles sont plus à même de vous aider à appréhender ces changements, instancier dans vos organisations et vous aider à les déployer.

Le mot de la fin pour un avenir prometteur

Les DSI doivent rester humbles, accepter les changements et les considérer comme des opportunités et non des menaces, donner de l’autonomie aux équipes SI. Des postures indispensables pour traiter ses clients internes ou externes comme des partenaires.

Vive l’information, les datas, les technos mais n’oublions pas pourquoi et pour qui nous travaillons, alors parlons business aussi …

A propos de l’auteur :

Guy CHEMAMA

Directeur des Systèmes d’information

Activités commerciales BtoB, E-Commerce BtoC