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La Tech for good : une solution aux enjeux sociétaux actuels ?

Anaëlle Le Page

Publié

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Excelsior

La Tech for good : une solution aux enjeux sociétaux actuels ?

Depuis quelques temps, la Tech for good est sur toutes les lèvres. Mais que se cache-t-il réellement derrière ce terme ? Littéralement, on pourrait le traduire par « technologie pour le bien commun ». Ce concept désigne donc l’ensemble des entreprises de la tech ayant pour objectif de développer des solutions à impact positif pour la société.

De plus en plus de start-ups voient le jour avec le développement durable comme raison d’être. Parallèlement, un nombre croissant de grands groupes se tournent vers la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). Cela s’explique par une prise de conscience des sociétés elles-mêmes, poussées par le changement de comportement des consommateurs qui se tournent de plus en plus vers ce type d’entreprises. Ce tournant est encore plus visible chez les millennials et la génération Z. La Tech for good s’inscrit également dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU en faisant de l’innovation technologique un levier pour répondre aux défis sociaux et environnementaux d’aujourd’hui et de demain.

Un contexte d’urgence climatique et sociale.

Environnement et pollution numérique.

Les catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes nous rappellent sans cesse l’impact du dérèglement climatique sur nos vies. D’ailleurs, le secteur des nouvelles technologies n’est pas totalement neutre. Selon l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie), il serait même responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. En cause, la fabrication des équipements mais également le fonctionnement d’internet via la consommation d’énergie des data centers permettant de stocker les données. 

Certes, la prise de conscience écologique ne date pas d’hier. Toutefois, la crise sanitaire que nous traversons a fait émerger un constat : notre modèle économique actuel n’est plus viable. Un retour au business as usual ne sera pas possible. Dans ce contexte, ministres, scientifiques et entrepreneurs s’accordent sur la construction d’une nouvelle économie plaçant le climat au cœur des plans de relance. Une opportunité pour les entreprises Tech for good d’être sur le devant de la scène politique et économique.

Inégalités sociales et questionnements éthiques.

Alors que l’accès à l’information permet de prendre conscience des inégalités sociales en France et à travers le monde, la réduction de ces dernières semble pourtant difficile. En plus de ces enjeux sociaux, se pose la question de l’accès aux nouvelles technologies. Par exemple, les populations ne sont pas toutes égales selon leur lieu d’habitation. En effet, à l’heure de la dématérialisation, il existe toujours des déserts numériques, ces fameuses « zones blanches ».

Autre enjeu et pas des moindres : la place de l’éthique dans le développement des nouvelles technologies. À ce sujet, les algorithmes et l’intelligence artificielle sont souvent pointés du doigt. Recherche vocale, reconnaissance faciale, voiture autonome… Les promesses sont nombreuses et les questionnements aussi. En plein essor, cette technologie suscite de nombreux débats quant aux risques éthiques et d’emploi qu’elle est susceptible d’entraîner. En découle l’épineuse question de la protection des données personnelles, souvent mise à rude épreuve.

Ce sont tous ces défis que la Tech for good entend bien relever grâce à des solutions innovantes. 

L’innovation technologique comme solution.

La Cleantech au service de l’environnement.

La Cleantech, également appelée Greentech, désigne le secteur technologique engagé dans la transition écologique et énergétique. Loin du greenwashing qui se limite à des techniques marketing, les entreprises de cette filière développent des outils novateurs afin de protéger l’environnement. On y trouve des solutions telles que la mobilité électrique, la production d’énergie renouvelable ainsi que le stockage de cette dernière, l’économie circulaire ou encore la bio-économie.

Ces solutions sont encouragées par les instances politiques. Ces dernières, au travers de lois ou de subventions, permettent aux entreprises concernées de se développer. Prenons l’exemple du Green New Deal ou Pacte Vert, la stratégie de neutralité carbone de l’Union Européenne. Une opportunité pour les entreprises du secteur de la Cleantech qui cherchent à conquérir les marchés internationaux. Un des signes que ce sujet devient dominant est que de grands événements lui accordent désormais une place particulière. C’est le cas de VivaTech qui a lieu tous les ans à Paris et dont la dernière édition a permis de mettre en lumière un grand nombre d’entreprises Tech for good. 

Car l’enjeu pour les entreprises de ce domaine, composé en grande partie de start-ups, est de trouver des financements pour pouvoir se développer. Basées sur des technologies complexes, elles rencontrent souvent des difficultés pour convaincre les investisseurs. D’où l’importance d’une bonne communication. C’est à cette problématique que répond le réseau Tech For Good France.

Un impact social positif.

En plus du volet écologique, la Tech for good s’engage aussi dans la réduction des inégalités. Parce qu’une grande partie des réponses aux problèmes actuels se trouve dans l’éducation, l’Edtech œuvre pour améliorer la qualité des apprentissages et faciliter leur accès au plus grand nombre. Dans le domaine de la santé, la technologie permet notamment de lutter contre le phénomène des déserts médicaux. De plus, en développant des solutions innovantes, les entreprises du secteur prônent l’inclusion sociale. Des outils numériques sous la forme d’applications mobiles ou de plateformes en ligne permettent ainsi de faciliter l’accès au marché de l’emploi ou encore de contrer l’isolement ou la précarisation dont peuvent souffrir certaines personnes. 

On pourrait penser que business et éthique ne font pas bon ménage. Or, les entreprises de la tech ont tout intérêt à (re)gagner la confiance des consommateurs.  Cela ne peut se faire qu’avec des mesures concrètes garantissant le respect de la vie privée. C’est là qu’intervient la cybersécurité, acteur essentiel de la Tech for good. En ce qui concerne la protection des données personnelles, l’entrée en vigueur du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) en 2018 a permis de responsabiliser les entreprises à ce sujet.

La Tech for good ne cesse d’évoluer et les crises récentes nous ont permis de prendre conscience de son importance. Cependant, il n’existe pas de technologie miracle qui permettra de sauver la planète ou d’effacer toutes les inégalités sociales. La réponse aux enjeux sociétaux actuels et à venir suppose donc la mobilisation de tous les acteurs, qu’ils soient publics ou privés.