Tribune

Le digital ou l’apogée de l’illusion du lien social

Davy

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Excelsior - L'apogée du digital
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Depuis maintenant deux décennies notre quotidien est bouleversé par l’apparition d’une multitude d’outils digitaux; portables, ordinateurs, tablettes, et même dans un avenir proche des lentilles connectées …

Ces outils, si chère à nos yeux, nous permettent d’être « connecté » avec le monde entier ! De Paris à New York en passant par Tokyo d’un simple clic, le monde s’ouvre sous nos pieds. A chaque heure, à chaque instant l’information est disponible sur le réseau.

Cette hyper connexion a des points positifs certes, mais comme chaque création humaine celle-ci est imparfaite, car nous le sommes tout autant.

Quel temps fait-il demain ? Quelle est la recette de la blanquette de veau ? Quel est le trajet le plus court pour me rendre chez mon amie ? Toutes ces questions qui autrefois prenaient du temps à trouver réponse sont disponibles en un claquement de doigt. La digitalisation peut s’apparenter à une sorte de démocratisation du savoir qui maintenant diffusé sur le réseau est accessible à chacun d’entre nous par le biais d’un simple appareil.

Pour le meilleur et pour le pire cette technologie a changé nos vies, mais pas seulement ! Au fil du temps nous nous sommes rendu compte qu’elle changea bien d’autres choses …

Premièrement , notre rapport aux autres. En effet, loin est le temps où nous devions faire la queue à une cabine téléphonique pour pouvoir passer un appel de quelques minutes voir quelques secondes (je vous rassure, je suis trop jeune pour avoir connu cette époque). Notre besoin de l’autre, de lien social, s’est vu beaucoup plus facilement assouvi par ces outils. Pouvoir échanger avec n’importe qui, n’importe quand est un point positif, abordons le coté moins joyeux … Une sous espèce humaine a fait son apparition en même temps que ces outils. Les fameux « Haters » ou rageux comme j’aime à les appeler. Ils détruisent des vies avec l’arme la plus meurtrière de l’humain « le verbe » critiquer, juger, condamner une simple erreur de votre part et vous serez cloué au pilori … Une sorte de tribunal populaire qui vous juge coupable jusqu’à ce que votre innocence soit prouvée, cela ne devrait pas être l’inverse ?

Deuxièmement, notre rapport au temps ! Avoir toutes les informations du monde accessibles en une fraction de seconde voila qui change la donne, non ? Une phrase qui reflète assez bien ce message est une phrase de Fabrice Eboué « à mon âge une soirée, c’était de la trouver ». Et oui Fabrice, le GPS a changé la donne. La facilité d’accès à l’information a changé notre rapport à la connaissance, pourquoi retenir une information qui m’est accessible dans la seconde suivante ? Voila l’aspect négatif de ces outils, nous chérissons l’accès au savoir collectif au détriment de l’accumulation de savoir individuel. Mais le jour où je n’ai plus accès au réseau ? Quelle sera alors la somme de mes connaissances personnelles ?

Et pour finir, les limites de ces outils. Prenons un exemple personnel, depuis quelques mois un ami proche est parti en Colombie pour y effectuer un semestre prolongé (pas de chance il a mal choisi la période pour voyager). Cet ami que nous appellerons Matthias et moi même nous fréquentions très régulièrement mais force est de constater que même tous deux muni d’une connexion internet, 9000 kilomètres reste un fossé que même ces outils ne peuvent combler.

Pour terminer, je dirais que l’idéologie derrière le digital est devenu un bien commun à l’humanité. Pouvoir mettre en réseau la totalité des connaissances humaines accumulées au fil de notre évolution et la rendre accessible à tout un chacun est une initiative formidable. Mais comme chaque création humaine, le bon comme le mauvais sont indissociables car l’un ne peut exister sans l’autre.